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CGT Educ’Action 69

Réforme du collège

Compte rendu de l’audience avec la rectrice

mardi 22 septembre 2015, par Salah M Barek

Le 17 septembre 2015, un appel national intersyndical à la grève contre la réforme du collège était lancé. Madame la rectrice de l’académie de Lyon a reçu les organisations syndicales opposées à la réforme lors d’une audience. Ci-dessous le compte rendu.

Pour l’intersyndicale, étaient présents les syndicats opposés à la réforme du collège : CGT Educ’action, Snes-FSU, FO et le Snalc

Pour le rectorat, étaient présents : Mme la Rectrice, M. le secrétaire général, Mme la directrice de cabinet de la rectrice.

Prise de parole des organisations syndicales :

Il y a refus de la réforme car elle attaque le coeur de nos métiers, de nos disciplines : développement de l’autonomie des établissements, mise en concurrence des disciplines, remise en cause de l’égalité d’accès à l’éducation, recul du cadrage national.

La réforme ne résout pas les difficultés du collège mais creuse les inégalités et ne permet pas une meilleure mixité sociale. Elle rend plus rigide le fonctionnement des établissements et remet en cause de la liberté pédagogique.

Les EPI ne sont pas la solution mais plutôt un nouveau problème à gérer. L’accompagnement personnalisé n’a rien de personnalisé puisqu’il se fait en classe entière et au détriment d’heures d’autres matières. Rien n’est prévu pour réduire les effectifs des classes. La réforme reprend les travers de la réforme du lycée de 2010 avec tous ses effets négatifs.

Le plan de formation dans l’académie pose problème sur le fond comme sur la forme : les formations prévues sur 2 jours se feront hors du temps de travail des enseignants alors qu’il y aura un changement complet de tous les programmes. Que prévoit le rectorat pour remplacer les collègues lors de ces 2 jours ?

Réponse de la rectrice :

Elle souligne le fonctionnement du dialogue social puisqu’elle reçoit pour la troisième fois l’intersyndicale sur le sujet.

La réforme n’est pas imposée. La Ministre parle de "malentendu". Les moyens nécessaires sont mis en place. La réforme n’est pas un but en soi, c’est un moyen pour sortir de la fatalité de l’échec. Le collège ne fonctionne pas au mieux. Cette réforme a pour but de réduire les inégalités.

Il s’agit d’une nouvelle logique, une nouvelle façon d’enseigner. C’est une réforme qui bouscule, d’où les craintes. La réforme est conçue comme une globalité avec la refonte des programmes, le nouveau socle de connaissances, de compétences, de culture.

Aujourd’hui, le collège est une structure un peu figée. L’hétérogénéité des élèves n’est pas toujours prise en compte. Il y a des avancées, des efforts d’inclusion en marche mais pas suffisamment.

Il n’y a pas d’attaque des disciplines, mais une proposition de travailler à partir des contenus de façon plus interdisciplinaire, d’où les EPI. Il n’y a pas de remise en cause de l’égalité d’accès, le collège continuera d’être unique.

Concernant les classes bilangues, elles ne bénéficient qu’à 12 % des élèves, c’est beaucoup trop peu. La Ministre s’est clairement exprimée sur la question et il y a eu beaucoup de réflexions en commission des langues. Il y a toujours une seconde langue vivante dès la classe de 5° pour tous les collèges. Dans académie de Lyon, il y a une offre d’allemand LV2 dans tous les collèges sauf rares exceptions.
Les professeurs d’allemand pourraient compléter leur sous-service dans le premier degré ou dans une autre discipline pour ceux enseignant dans les établissements privés. La rectrice reconnaît cependant qu’il y a un risque de perte de quotité de contrat s’il y a sous service.

Concernant l’autonomie des établissements, elle est inscrite dans la loi. C’est en fait une autonomie largement encadrée. Quant à la place prise par le conseil pédagogique, aucune crainte puisque rien ne se fera sans les enseignants, les chefs d’établissement et l’inspection. Donc pas de remise en cause de la liberté pédagogique.

Concernant la formation, la rectrice assume le choix d’un plan de formation extrêmement ambitieux et coûteux car la réforme est complexe. Elle ne se prépare pas dans l’urgence, il y a une longue année pour s’y préparer. Oui, la réforme aura des conséquences sur l’organisation des collèges, sur les enseignants. Il est donc primordial de mettre en place une formation. Il faut réfléchir sur des plus petits groupes : des groupes classe, des groupes de compétences, des groupes de besoins (AP). Réfléchir sur la différenciation sans aller vers l’individualisme à l’excès. Ces formations vont donner les outils nécessaires.
Elles ne sont pas hors du temps de travail puisque depuis l’arrêté de 2015 (statutaire) le corps enseignant doit en plus de son service 2 demi-journées (8h). Le choix académique a été d’utiliser ces heure pour cette formation.
Il faudra des arrangements dans les établissements pour les remplacements de courte durée des collègues en formations. Pas de choix impératif, chaque établissement choisira.
La prise en charge éducative des élèves, à toute heure, doit être assurée. Soit l’enseignant récupère son cours (en heure supplémentaire) soit un autre collègue prend son heure.
Il faut désigner dans un premier temps plutôt les enseignants volontaires ou les membres du conseil pédagogique.

Concernant les moyens, tous les collèges bénéficieront d’une dotation horaire supplémentaire (une dotation de 2h45 à la rentrée 2016 multipliée par le nombre de divisions). C’est là que la parole sera importante au sein du conseil pédagogique.

C’est une réforme structurelle et organisationnelle, le modèle du collège devra évoluer. Mais c’est surtout une réforme pédagogique. Interdisciplinarité ne veut pas dire disparition des contenus disciplinaires, mais plutôt qu’il faut briser les cloisons. La co-intervention, les EPI, seront dans l’avenir la panacée. On ira sans doute plus loin. Tout cela s’appuie sur des expériences de terrain, déjà évaluées.

Concernant la logique de cycles, le cycle 3 se terminera fin 6°, il faut briser le cap parfois infranchissable post CM2. La continuité pédagogique doit être plus forte, plus progressive entre le CM1 et la 6ème. C’est un changement de modèle, de paradigme.

Prise de parole des organisations syndicales :

On nous impose cette réforme. On n’a pas besoin de se la faire expliquer ou d’être formé. On sait lire. Il n’y a pas eu de dialogue avec la Ministre. Nous pensons que cette réforme est mauvaise, nous n’agissons pas par réflexe corporatiste et conservateur.

Aujourd’hui, l’interdisciplinarité existe mais c’est un choix des enseignants. Les EPI vont imposer un partenariat sans volontariat ce qui signifie un projet qui capote. Les EPI ne s’adaptent pas à la réalité des classes, des niveaux. Nous ne sommes pas contre l’interdisciplinarité mais cela doit rester un choix. Ces EPI vont créer des inégalités de matières entre les classes, entre les élèves. Ils vont créer un cadre rigide entre les niveaux. La marge d’autonomie des établissements va créer des inégalités de fait : EPI, AP (choix des matières).

Concernant la formation, quid des professeurs des écoles étant donné qu’ il y aura les cycles ?
Quid de L’EMC dans les séries technos ? Est-elle financée.

L’autonomie renforcée entraîne des choix arbitraires, des tensions entre les disciplines. Les exemples sont criants en lycée : dans certains établissements des regroupements aberrants sont fait dans les sections euros DNL, dans les options, sur le seul principe de regrouper des petits effectifs alors que les programmes ne sont pas les mêmes. Cela attaque gravement l’attractivité de certains établissements qui ont déjà une image peu positive.

La rectrice conclut en parlant de révolution culturelle. Il faut que tous les élèves en profitent. Il ne faut plus que le projets soient toujours les mêmes classes. Elle comprend que les enseignants soient bousculés dans leurs habitudes et a conscience que cela entraînera des problèmes d’organisation au début.

Pour la CGT Éduc’action la lutte doit continuer.

Nous revendiquons :

PDF - 2 Mo
Tract réforme collège

- du temps de concertation (par classe, par niveau, par discipline, par projet...) inclus dans un temps de service
abaissé à 16 h pour les certifiés et 14 h pour les agrégés

- de la formation initiale et continue qui ne se limite pas à de vagues cours à distance et donne du temps aux personnels (10 %) pour intégrer les avancées de la recherche pédagogique

- une insertion en propre dans les DHG plutôt qu’une variable d’ajustement au service des enseignants ou une "garderie" en classe entière

- un nombre maximal de 20 élèves par classe et 15 en Éducation prioritaire

- des personnels en nombre suffisant pour couvrir l’ensemble des besoins (Aed, CPE, COP, personnels administratifs, de laboratoire, de santé et sociaux)

- des moyens pour travailler en groupes à effectifs réduits, avec un cadrage national

- la prise en charge des élèves en difficulté par des dispositifs souples mais soutenus, complément de la classe hétérogène, permettant une aide en petits effectifs (type RASED).

Réponses (1)

  • Réforme du collège 23 septembre 2015 08:10, par Babsaudade

    Je suis ahurie ! Comment ces personnes soit disant responsables peuvent autant mentir !

    Le collège est entrain de vivre ce que les lycées vivent ! et si il n’y a pas de révolte c’est que bêbêtement tout le monde suit même si l’ insastifaction est là. 

    Dans le texte des AP pour le second cycle il y avait aussi de belles intentions...notamment de privilégier les petits groupes...Au lycée LMM après une rentrée quasi sans pilotage...les EDT ont été changés et des AP se font en classe entière !!! qui peut croire que l’accompagnement est personnalisé ???

    Au lycée LMD après avoir tenter de mettre en oeuvre les objectifs des AP on s’est replié sur une organisation contentant tout le monde. Mais un prof d’une matière lambda peut voir un groupe d’AP toutes les 4 semaines...Quel suivi ?

    Ne peut-on pas attaquer l’état qui ne donne pas les moyens pour mettre en place ses propres circulaires ???

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Photo Bourse du Travail : Art Grafix (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons