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CGT Educ’Action 69

Après la mobilisation du 14 juin : La CGT objet de tous les délires

samedi 18 juin 2016, par CGT Educ’action Rhône

La CGT objet de tous les délires

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La CGT objet de tous les délires


Rencontre entre le secrétaire général de la CGT la ministre du Travail. Le gouvernement l’a préparée à sa manière. En exploitant honteusement les violences de la fin de manifestation jeudi et l’assassinat d’un couple de policiers, pour accuser la CGT. Lamentable défense d’un pouvoir isolé qui s’obstine à vouloir imposer sa loi et qui soulève de lourdes questions

Tour à tour, Manuel Valls, François Hollande et Bernard Cazeneuve ont utilisé un procédé scandaleux : ils ont tenté de relier l’assassinat des deux policiers et les dégradations de l’hôpital Necker à la manifestation des opposants à la loi dite Travail, pour menacer d’interdire les manifestations envisagées pour les 23 et 28 juin.
Ce faisant ils ont permis à la droite d’en rajouter et à Nicolas Sarkozy d’exiger que « la responsabilité civile et financière de la CGT soit engagée » ! S’il en est un qui ne devrait pas évoquer les responsabilités financières, c’est bien lui, mêlé à plusieurs affaires de gros sous et accusé entre autres d’avoir financé sa campagne présidentielle avec des fonds du président Libyen, Anouar Kadhafi.

"Pourquoi tant de haine ?"

C’est un calcul politique visant à discréditer le mouvement contre la loi Travail et la CGT qui alimente les ferments de division et de haine. Un hôpital Necker « dévasté » dit Manuel Valls, mercredi matin sur France Inter. Sans atténuer la gravité des actes commis contre l’établissement qui accueille des enfants malades, l’emploi du mot dévasté apparaît volontairement excessif. Des vidéos montrent que les vitres de la façade de l’hôpital ont été brisées par un seul individu avec un marteau, sans être inquiété et qui s’est éclipsé ensuite.


Bernard Cazeneuve a fait dans l’apocalypse et l’émotion, en évoquant des « hordes de manifestants violents » qui ont brisé les « vitres de l’hôpital Necker » alors « qu’il y a l’enfant des policiers qui s’y trouve ». « Ça suffit », s’est exclamé Jean-Claude Mailly le dirigeant de Force ouvrière, mercredi midi sur France Info : « Les casseurs, ça pénalise aussi les manifestants. Je considère que sur l’antenne de France Inter ce matin, le Premier ministre a été un pyromane ».
Le point d’orgue c’est effectivement Manuel Valls qui le fixe et révèle ainsi l’objectif de cette charge : « Il y a eu une attitude ambiguë du service d’ordre de la CGT qui n’assume plus ses responsabilités. (…) Je demande à la CGT de ne plus organiser ce type de manifestation sur Paris », assène le Premier ministre dans la même émission de France Inter. Voilà comment on crée un lien entre l’assassinat des policiers, l’attaque contre l’hôpital qui accueille leur enfant et la manifestation. Faut-il interdire les manifestations ? lui demande le journaliste. « On ne peut pas prononcer une interdiction générale, nous prendrons nos responsabilités au cas par cas, ».

La responsabilité du gouvernement dans les violences

Certains journaux évoquent une "stratégie de la violence filmée". Un CRS gradé exprime le ras le bol des policiers vis à vis de leur hiérarchie et explique dans le JDD, que le gouvernement joue avec le feu et mène une dangereuse stratégie de tension depuis plusieurs mois avec pour objectif de multiplier les images de violence pour le 20h et éviter ainsi le débat sur la loi. " Une manifestation qui se passe bien, on parle du fond. Quand vous avez des casseurs, on se focalise sur les violences et les vitres cassées." dit-il.

Mais que dit la police ?

Sur France Info, le secrétaire général du syndicat policier majoritaire Alliance, s’interroge : "Lorsque vous voyez des casseurs détruire les vitrines, saccager des panneaux publicitaires, se servir des tubes néons à l’intérieur pour attaquer les forces de l’ordre et que des policiers mobilisés sont en face d’eux et qu’ils doivent attendre une heure en face d’eux pour intervenir...." Quand on lui demande pourquoi selon lui, il répond sans détour : "Je pense que ça vise aussi à discréditer le mouvement social et syndical parce qu’évidemment, lorsque des syndicalistes manifestent contre un texte et qu’il y a des casseurs qui cassent tout dans le quartier, que les riverains sont exaspérés et que la police ne peut pas rapidement intervenir, et bien ça discrédite aussi quelque part le mouvement social". Tout est dit.

Médias. La servilité casse-t-elle des briques ?

Les médias ont accompagné cette stratégie de la tension et des violences pour in fine accuser même des militants de la CGT d’avoir participé à des actions violentes. Temps fort de ces mises en cause : la veille de la rencontre entre Philippe Martinez et la ministre du Travail, le ministre Cazeneuve demande à la CGT de condamner l’action de certains de ses militants.
Mais voilà il est de plus en difficile pour les faiseurs d’opinion de manipuler les esprits. Mercredi France 3, en présence de Philippe Martinez, invité, affiche les résultats d’un sondage "prémâché" auprès des téléspectateurs après un flot d’images des affrontements entre casseurs et police : « Débordements, violences, faut-il interdire les deux prochaines manifestations ? ». Manipulation encore. Mais plus de 20 000 réponses et un résultat qui laisse sans voix le présentateur : 61 % répondent non, ce que confirme un sondage Tilder-LCI-OpinionWay : plus de six Français sur dix (64%) estiment que « face aux mouvements sociaux », le gouvernement « doit retirer » le projet de loi travail.

La loi qui veut se faire aussi grosse que le peuple

Le gouvernement et son projet de loi sont minoritaires dans le pays. La première rencontre depuis 4 mois entre la CGT et la ministre du Travail s’est conclue vendredi matin sur un constat de désaccords. Le Président de la République, crédité de 14 % d’opinion favorable, le Premier ministre, de 19 %, ont déclaré la veille de la rencontre que le projet de loi ne serait pas modifié. Le débat au Sénat se poursuit, les sept syndicats communiquent et se mobilisent sur la votation citoyenne et les journées d’action des 23 et 28 juin.

Ce n’est pas un début et ce n’est pas près d’être la fin car le combat continue.

Pascal Santoni UCR CGT


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Photo Bourse du Travail : Art Grafix (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons