CGT Éduc'Action Lyon est aussi sur...
CGT Éduc'Action Lyon sur Twitter CGT Éduc'Action Lyon sur Facebook
CGT Educ’Action 69

Réforme de la voie pro : quel impact sur l’enseignement général et professionnel ?

vendredi 22 juin 2018, par CGT Educ’action Rhône

Le ministre de l’Éducation nationale a présenté ses mesures pour la « revalorisation de la voie professionnelle »

.Même si beaucoup de questions restent encore en suspens et doivent faire l’objet de discussions ultérieures, d’ores et déjà toutes et tous peuvent faire le constat alarmant d’une attaque de la voie professionnelle scolaire.

Pour ce qui est de l’Enseignement Général et Professionnel c’est une dégradation sans précédent...

PDF - 755.1 ko
tract réforme Blanquer Enseignement pro



 Une réduction des horaires et une menace sur les postes

 Par exemple, pour les CAP 16 semaines de PFMP, la baisse est de 381 heures, plus de 8 semaines de cours en moins ! Toutes les disciplines sont touchées : lettres-histoire – 46,5h, math-sciences -34,5h, langue vivante -36h, arts appliqués -51h. 

En Bac Pro, les élèves avaient jusqu’à présent 4,5h hebdomadaires en français et histoire-géo ; les horaires passeront de 3H à 3,5h selon les séries. En maths-sciences, on passerait de 4,5h en série industrielle à 3H ou 2H. Cela va renforcer la concurrence généralisée entre les disciplines pour tenter de maintenir des postes avec de l’Accompagnement Personnalisé.

Cet allègement des grilles horaires, notamment en enseignement général, va rendre les poursuites d’études en BTS plus difficiles et appauvrir la culture générale. Les enfants des classes populaires voient donc leur horizon s’assombrir ! Le tout sur fond de tri social et de sélection renforcée dans le supérieur avec la mise en place de Parcoursup.

Une vision utilitariste

de l’enseignement général

 En lettres-histoire et en math-sciences, des heures de co-intervention avec l’enseignement professionnel, qui représenteront jusqu’à 50% du face à face pédagogique, sont mises en place. Cette co-intervention imposée et non-choisie sur projet, sans temps de concertation prévue entrainera un alourdissement des conditions de travail.

Le ministre annonce « une rénovation des enseignements généraux afin de les contextualiser et de les articuler avec les enseignements professionnels pour « donner du sens » aux apprentissages ». L’ouverture culturelle est ainsi évacuée. La formation du citoyen se résume aux « aux savoir-être, essentiels pour l’insertion professionnelle ». La rénovation des grilles horaires s’accompagnera d’une réécriture des programmes : la vigilance s’impose quant à leurs contenus !

Quel impact sur l’enseignement professionnel ?

Une déspécialisation professionnelle :

Le regroupement de plusieurs spécialités professionnelles en classes de seconde à orientation progressive, à la rentrée 2019, dans une quinzaine de familles de métiers entraînera une déspécialisation des baccalauréats professionnels. En même temps, il faudra prendre en charge la mixité des publics et l’alternance des parcours. C’est une dévalorisation de l’enseignement professionnel au prétexte d’améliorer le parcours d’orientation de l’élève. C’est rendre encore plus difficile la recherche des PFMP. C’est aussi la suppression massive de postes à venir, comme c’est déjà le cas avec le bac Gestion-Administration.

 Une réforme des référentiels :

Corolaire à cette déspécialisation, les référentiels professionnels vont être réécrits, « pour répondre aux mutations technologiques et organisationnelles des métiers », établissant « la base de compétences professionnelles communes ». Les collègues de SN et de MELEC dont les référentiels viennent d’être modifiés apprécieront d’avoir travailler pour rien !

 Une baisse des enseignements disciplinaires :

Les volumes horaires dédiés à l’enseignement professionnel diminuent en Bac Pro et s’ils semblent se maintenir en CAP c’est en trompe l’œil car :

· Disparition de la PSE en CAP (68h) et en Bac Pro (84h) qui n’apparaît plus en tant que discipline à part entière car aucun volume horaire prévu.

· Disparition de l’éco-gestion en Bac Pro (84h)

· Apparition de la co-intervention qui représente 

 165h (16%) en CAP et 128h (10%) en Bac Pro. Cette co-intervention imposée et non-choisie sur projet, sans temps de concertation prévue entrainera un alourdissement de la charge de travail.

· Apparition du chef d’œuvre pour 108h (9%) au détriment du temps réservé aux contenus disciplinaires. Sans présumer des textes à paraitre on peut raisonnablement s’interroger sur la pertinence du chef d’œuvre dans certaines formations comme celles du tertiaire ou de l’ASSP.

 A l’inverse de ces annonces, la CGT est convaincue que

 l’avenir de l’enseignement professionnel nécessite

 un plan d’investissement d’ampleur !


 



SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0

Photo Bourse du Travail : Art Grafix (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons