CGT Educ'Action Lyon

Stop à la répression anti-syndicale à Orléans-Tours soutenons Marie-Paule S, professeure

samedi 3 novembre 2018

Une illustration du sort réservé à ceux qui luttent et font des vagues, #PasDeVague (https://twitter.com/hashtag/PasDeVague?src=hash) :

Répression syndicale, mise au pas
autoritaire afin de faire taire celles et ceux qui s’aventureraient à
s’exprimer, à s’opposer, à faire valoir le droit et à s’engager pour le
bien commun.

Le 30 août 2018, Marie-Paule S. est
convoquée au rectorat d’Orléans-Tours. Elle est enseignante de
Gestion-Administration au lycée professionnel Denis Papin de
Romorantin-Lanthenay dans le Loir-et-Cher (41).
Lors de cette
convocation, on lui signifie qu’elle ne pourra pas retrouver ses élèves
pour une nouvelle rentrée scolaire car la Rectrice de l’académie
d’Orléans-Tours la suspend par mesure conservatoire pour quatre mois
avec traitement. Sur son arrêté de suspension, il est mentionné que « la
situation de travail » est « très dégradée au sein du lycée
professionnel Denis Papin de Romorantin », elle en serait donc
responsable si on comprend bien la nature de ce courrier.

Pourquoi la Rectrice d’Orléans-Tours a-t-elle réagi si vigoureusement ?

En février 2018, le rectorat envoie un courrier à Marie-Paule S. lui reprochant son « opposition systématique ».
Au
printemps 2018, une enquête administrative est menée au lycée Denis
Papin de Romorantin : la raison évoquée est le grand nombre de dépôts
(9) dans le registre Santé Sécurité au Travail.
30 personnes ont été
auditionnées sur un total de 61 (tout personnel confondu). Au final,
moins de la moitié des gens auditionnés (14) sont cités pour la grande
majorité anonymement dans le rapport d’enquête dont la conclusion est
sans appel : Marie-Paule S. serait responsable de la situation de
travail « très dégradée et enkystée » du lycée, il faut absolument
l’éloigner du lycée et inciter les personnels à déposer plainte.
Mi-septembre
2018, le rectorat l’informe qu’elle est convoquée devant une commission
disciplinaire lundi 5 novembre à 14h30, jour de la rentrée des vacances
d’automne. Les faits reprochés se précisent : elle empêcherait le bon
fonctionnement du conseil d’administration, donnerait également une
mauvaise image du lycée aux membres extérieurs présents et mettrait son
proviseur en difficulté dans l’exercice de ses prérogatives.

Pourquoi la Rectrice d’Orléans-Tours a-t-elle engagé cette procédure disciplinaire ?

 
 · Cette mesure de suspension ainsi que le passage devant une
commission disciplinaire touche également un collègue de Marie-Paule S.,
enseignant comme elle au lycée Denis Papin de Romorantin. Ce type de
procédure, assez rare dans l’Éducation Nationale même lorsqu’il s’agit
de faits graves (harcèlement moral et/ou sexuel, pédophilie, etc.),
cible ici deux collègues dans un même établissement, c’est
statistiquement assez exceptionnel pour le souligner.

 · Il
est aussi intéressant de remarquer la rapidité de la procédure
disciplinaire engagée. L’Éducation Nationale est généralement sur du
temps très long lorsqu’il s’agit de procédure contre des personnels,
c’est d’ailleurs un reproche qui lui est souvent fait. Mais ici, la
procédure se fait à marche forcée et à très vive allure. Doit-on y voir
un lien avec les élections professionnelles qui se tiendront du 29
novembre au 6 décembre ? Marie-Paule S. étant élue à la Commission
Administrative Paritaire (CAPA) des PLP, une telle procédure peut
l’empêcher d’exercer son mandat et jeter l’opprobre sur la CGT pour
l’affaiblir.

 · Maire-Paule S. et son collègue sont tous
deux responsables académiques d’un syndicat de l’Éducation Nationale :
la CGT Educ’action pour Marie-Paule S. et le SNETAA-FO pour son
collègue. Effectivement, le proviseur du lycée Denis Papin de Romorantin
doit faire face en conseil d’administration à deux élus du personnel
formés, qui connaissent bien les textes qui régissent le fonctionnement
d’un établissement scolaire. Marie-Paule S. est profondément attachée au
service public gratuit l’Éducation Nationale, à la défense des statuts
et de l’intérêt général : siéger et agir au conseil d’administration de
son lycée est donc une évidence. Son engagement à porter les positions
de son syndicat et à représenter ses collègues en tant
qu’administratrice de l’établissement au sein du CA, une instance
normalement démocratique, doit-il l’amener à être sanctionnée ?

 
 · Depuis plusieurs années, par son activité de secrétaire académique
de la CGT Educ’action et de militante, Marie-Paule S. a mis au jour
plusieurs « affaires » que l’administration souhaitait passer sous
silence (harcèlement sexuel, tentative de suicide sur le lieu de
travail, alerte sur un taux de cancers très importants de personnels de
laboratoire dans un établissement, harcèlement moral, etc.). Venir en
aide à des personnes en difficulté ou en détresse, ne pouvant se
défendre seules face à leurs responsables administratifs, devrait être
salué et non sanctionné ! À cela, il faut ajouter des dossiers portés et
gagnés pour des syndiqués CGT Educ’action au Tribunal Administratif
d’Orléans obligeant le rectorat à verser plusieurs milliers d’euros aux
agents floués (classement erroné suite à concours, défaut d’inspection
préjudiciable à l’avancement notamment), des AED qui avaient effectués
des centaines d’heures à tort rétablis dans leurs droits, une opposition
au développement de l’apprentissage, la remise en cause de la politique
de l’académie d’Orléans-Tours qui ne dote pas les lycées professionnels
à 100 % et qui fait figure d’exception.

On ne peut donc que
vivement s’interroger sur les raisons qui ont poussé la rectrice
d’Orléans Tours à engager une telle procédure disciplinaire, aussi
rapidement et avec une telle obstination.

On pourrait donc
facilement y voir une forme de répression syndicale, de mise au pas
autoritaire afin de faire un exemple pour celles et ceux qui
s’aventureraient à s’exprimer, à s’opposer, à faire valoir le droit et à
s’engager pour le bien commun, au moment où s’opèrent des
contre-réformes d’ampleur notamment en Gestion-Administration,
discipline de Marie-Paule S. De plus des éléments relevant de la
discrimination syndicale de la part du chef d’établissement
apparaissent.

Pendant ce temps, la casse continue...

Rétablissons Marie-Paule S. et son collègue dans leur poste, leur honneur et leurs droits !
Défendons les libertés syndicale et individuelle !


Presse : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/10/12102018Article636749288286547466.aspx
https://www.lanouvellerepublique.fr/romorantin/ils-denoncent-une-chasse-aux-sorcieres

Motion de soutien :
https://www.cgt-centrevaldeloire.com/

Barbecue
de soutien lundi 5 novembre dès 12h30 et rassemblement devant le
rectorat, rue Saint Étienne à Orléans, jour du conseil de discipline de
Marie-Paule S
(préavis de grève éducation nationale).

Signez et faites signer la pétition en ligne 



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Photo Bourse du Travail : Art Grafix (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons