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CGT Educ’Action 69

Protocole sanitaire : une usine à gaz qui ne garantira pas la protection des élèves, des personnels et des familles

samedi 2 mai 2020

Alors que la décision de réouverture des écoles le 11 mai s’est faite contre l’avis du conseil scientifique du 20 avril 2020 qui préconisait le report de la rentrée en septembre, comme dans d’autres pays,

Alors qu’une étude médicale allemande a montré qu’il n’existait pas d’écart significatif entre la contagiosité des enfants et des adultes,

Alors que le premier mort français lié à l’épidémie a été un enseignant de l’oise,

Alors qu’une étude épidémiologique a fait apparaître une sur-contamination (41 % contre 11%) liée à la fréquentation d’un établissement scolaire avant le confinement,

Alors que l’épidémie est encore vivace dans notre département,

Alors que l’épidémie est repartie à la hausse au Japon et en Allemagne suite à la réouverture des écoles, conduisant d’ores et déjà le Japon à refermer celles-ci,

L’éducation nationale et les collectivités territoriales doivent prendre leurs responsabilités, en tant qu’employeurs comme en tant que responsables des conditions d’accueil dans les écoles, et refuser une ouverture qui, dans ces conditions, ne pourra conduire qu’à une deuxième vague épidémique.

Le protocole sanitaire, publié le 1er mai par le ministère de l’éducation nationale, est irréaliste, et par ailleurs, ne garantie pas la protection des personnels et des usagers :

_ Contrairement à l’avis du CHSCT du ministère de l’éducation nationale, il ne prévoit pas de tests systématiques

_ Convenant que la distanciation sociale et le port systématique des masques est impossible à faire respecter pour les élèves maternelle, -et loin d’être acquis en élémentaire, il n’entend pas imposer la fourniture de manière systématique aux personnels des masques permettant de les protéger des projections de goutelettes, vecteurs du virus. En effet, seuls les masques FFP2 sont de nature à protéger les personnels exposés, le port d’un masque dit « grand public » n’assurant pas une protection contre ces projections. De même, il ne fournit aucune garantie de lavage par l’employeur, dans le respect d’un protocole sanitaire strict, de ces masques "grands publics", tentant de se défausser de sa responsabilité à cet égard sur les personnels.

Les dispositions du protocole, nous le savons par expérience sur le terrain, ne sont pas réalisables en l’état de la configuration des locaux, des personnels disponibles, et de la chaine logistique :

alors qu’il a fallu plus de 4 semaines pour les écoles accueillant les enfants de soignants en petit nombre pour être doté en masques et gels hydroalcolique, souvent en quantité insuffisante, comment croire que cela pourra être le cas dans des écoles acceuillant de nouveau des dizaines voire des centaines d’élèves ?

Comment assurer le nettoyage systématique du matériel pédagogique après usage, dans des conditions assurant la sécurité des agents municipaux, avec les effectifs existant, tout en assurant dans le même temps le nettoyage des toilettes après chaque passage ? Comment éviter le contact et la promiscuité en récréation à un âge où les élèves recherchent le contact ? Comment l’éviter dans les toilettes, et comment assurer le « lavage systématique des mains » dans le respect des gestes barrières pour des centaines d’élèves alors que certaines écoles ne disposent que de 2 points d’eau accessibles ? Comment éviter les attroupements lors du dépôt des enfants dans des écoles dont l’entrée donne sur un trottoir étroit et une rue ouverte aux voitures

Rien n’est prévu pour les personnels pour lesquels la proximité fait partie des définitions mêmes du métier (AESH notamment).

La santé et la sécurité des personnels territoriaux, celle des personnels de l’éducation (enseignantEs, administratifs, AESH, AED, CPE, Infirmiérs, assistantes sociales...) des usagers et de leurs familles relèvent de leurs prérogatives en tant qu’employeur, pour les premiers, et reponsables des locaux pour les seconds. Elle engage la responsabilité juridique de l’éducation nationale et des collectivités. Nous demandons donc à ces dernières, comme l’ont fait déjà un certain nombre de municipalités en France, de refuser de participer à ce qui ne peut déboucher que sur une seconde vague épidémique encore plus meurtrière, déferlant sur des services hospitaliers déjà sous tension. Et donc, en conséquence, de refuser l’ouverture des écoles dans ces conditions.

Pour ce qui nous concerne, nous prendrons toutes nos responsabilités et soutiendrons les collègues qui entendant exercer leur droit de retrait ou se mettre en grève face à de telles conditions, afin de se protéger et de protéger les élèves et leurs familles



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Photo Bourse du Travail : Art Grafix (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons