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CGT Educ’Action 69

Aider les jeunes ne peut pas se résumer à aider les entreprises

Plan d’urgence pour les jeunes qui oublie la formation pro publique

dimanche 26 avril 2009, par Stephane

Depuis 32 ans, les jeunes sont les grands oubliés des politiques sociales et de l’emploi. De nombreux « plans jeunes » se sont succédés pendant toutes ces années et se sont soldés à chaque fois par l’échec : Contrat de qualification, stages, contrat emploi solidarité, contrat emploi jeunes, Smic jeunes, CPE, CAE, CIE…

La France est le pays en Europe qui maltraite le plus sa jeunesse. Le taux de chômage des jeunes est un des plus élevé en Europe. A l’exception de la Hongrie, le taux d’emploi des jeunes en France est le plus mauvais des pays de l’OCDE. Il faut attendre en moyenne l’âge de 30 ans pour décrocher son premier CDI.

Les jeunes sont ainsi les premiers à faire les frais de la crise et à payer les conséquences des politiques qui ont privilégié les multiples aides financières aux entreprises, au capital au détriment de la formation qualifiante, de l’insertion sociale et professionnelle, de l’embauche des jeunes, de l’emploi qualifié reconnu dans son travail.

Utilisés trop souvent comme une variable d’ajustement des entreprises, ils sont les premières victimes de la précarité, du chômage, de la mobilité imposée, des petits boulots, des stages parkings, du travail dissimulé, des contrats aidés sans perspective d’avenir. 45 % des personnes en situation de précarité ont moins de 25 ans !

Dans ce contexte, le Plan Emploi Jeunes représente un espoir important pour les 16-25 ans. Les jeunes ne veulent plus être de génération en génération sacrifiés. La Nation doit assurer leur avenir, leur autonomie par le travail. Ils ont besoin de confiance, de respect, ils veulent pouvoir vivre et travailler décemment.

Les annonces du Président de la République ne constituent pas un virage à 180° de la politique gouvernementale. Il reprend les dispositifs existants qui n’ont, jusqu’à ce jour, en rien contribué l’insertion par le travail des jeunes, à un emploi de qualité bien rémunéré. Il propose de subventionner une nouvelle fois le capital, les entreprises sans contrepartie en terme d’embauche.

Aider les jeunes ne peut pas se résumer à aider les patrons, les entreprises. Est-ce la création de primes « dorées » à la précarité pour les entreprises ?

Pour réussir, sortir d’une logique de précarisation du travail, de l’emploi, de la vie, du traitement social du chômage ce plan Jeune doit conditionner les aides supplémentaires aux entreprises à la pérennisation des contrats en alternance, des contrats aidés, à la transformation des stages en contrat de travail à durée indéterminée.

De plus la CGT regrette que seule la voie de formation par l’apprentissage soit présentée comme la solution à la fin du chômage des jeunes. En Rhône Alpes, avec des aides similaires aux entreprises pour l’apprentissage, nous assistons avec la crise à un fort ralentissement des contrats de travail en apprentissage.

Il semble alors très important de renforcer l’outil de formation professionnelle publique, garant d’égalité d’accès et d’un contenu de qualité.

La responsabilité des pouvoirs publics et des entreprises est engagée pour la sécurisation des parcours de vie des jeunes, des salariés. La CGT sera attentive à la mise en œuvre de l’ensemble de ces mesures.

Elle invite les jeunes pour se faire entendre, à se mobiliser et manifester le 1er Mai partout en France.


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Photo Bourse du Travail : Art Grafix (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons