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CGT Educ’Action 69

MEDIATEURS DE VIE SCOLAIRE

La grande braderie des précaires continue !

mercredi 13 mai 2009, par Stephane

La précarité était déjà bien installée dans notre collège classé ZEP où, pour remplir des missions de service public et répondre à de réels besoins, le ministère nous a attribué 7 emplois de médiateurs de vie scolaire afin de résoudre les problèmes d’absentéisme. Leur efficacité sera d’ailleurs évaluée à travers des « objectifs » de diminution du taux d’absentéisme, fixés, selon les établissements entre 10 et 50% par rapport aux statistiques de l’année 2007- 2008.

Quelle aubaine me direz- vous ! Eh bien, à y regarder de plus près, que ce soit du point de vue de ces nouveaux personnels ou du point de vue des personnels statutaires, il semble que ce soit loin d’être un cadeau.

Pour rappel, ces médiateurs sont des chômeurs inscrits à l’ANPE qui bénéficient encore parfois des ASSEDIC et qui sont envoyés auprès des établissements pour un entretien d’embauche. Ils sont recrutés par le chef d’établissement qui signe une convention avec l’Etat.

Le conseil d’administration doit obligatoirement statuer sur l’autorisation qu’il peut ou non lui donner pour signer ces contrats. Il n’est pas possible d’invoquer la continuité du service public ni la sécurité pour justifier l’exonération de l’autorisation du CA.

En effet, les rectorats font pression auprès des chefs d’établissements pour qu’ils recrutent le plus vite possible ces médiateurs afin de faire baisser les chiffres catastrophiques du chômage et démontrer aux citoyens français que notre président (via son succédané de ministre) sait trouver une solution à chaque problème dans les plus brefs délais.

Ces salariés de droit privé « bénéficient » de contrats aidés (contrats d’accompagnement à l’emploi ou CAE) et ils reçoivent un salaire net de 550 euros environ pour 20 h de travail par semaine.

Contrairement à ce que spécifie l’article L5134- 32 du code du travail, ainsi que le courrier adressé par le ministère aux recteurs, ils n’ont bénéficié d’aucune « formation à la prise de fonctions pour être pleinement opérationnels ». Conscient du danger que représente le fait de leur attribuer des missions qui relèvent de la compétence de professionnels expérimentés comme les assistantes sociales ou les CPE, ils ont en réalité été affectés à des missions d’assistants pédagogiques ou d’assistants d’éducation, voire même de professeur de FLE -français langue étrangère- pour assurer une classe « sauvage » (selon les termes utilisés par l’inspection et le principal) destinée à des élèves nouvellement arrivés en France.
Cette situation est inadmissible !

Du point de vue de ces salariés :

- ils sont confrontés à la dure réalité voire la violence d’élèves ou de familles qui ont besoin d’une aide de vrais professionnels pour essayer de résoudre leurs problèmes et ils sont complètement démunis.
- ces contrats ne leur ouvrent aucune perspective d’emploi bien que les besoins existent
-  ils ne débouchent pas sur une préparation à des concours, ils ne pourront pas d’ailleurs bénéficier d’un reclassement ou du droit à s’inscrire à des concours internes car ils ne relèvent pas du droit public.
- Leurs contrats sont des temps partiels payés au minimum (SMIC) même s’ils ont des niveaux de qualification élevés et de l’expérience et leur salaire (à peine au dessus du RMI) est largement insuffisant pour les faire vivre
- Ils ne bénéficient même pas de la prime de 10% attribuée à tous les contrats à durée déterminée.
- Aucun plan sérieux de formation n’est prévu pour eux

Du point de vue des personnels statutaires :

- nous devons refuser le recrutement de ces personnels : à travers eux, le dumping social est à l’œuvre dans l’Education Nationale et la possibilité de recruter à bas coûts des personnes ayant des missions d’enseignement , d’assistantes sociales ou de CPE justifiera la suppression de postes. Nous ne devons pas accepter que des collègues assurent le même travail que nous avec des salaires de misère !

- A de vrais besoins, exigeons de vrais emplois par la voie des concours

Du point de vue des élèves et des familles :

L’Etat assure ses missions de service public à minima et exprime ainsi tout le mépris avec lequel il traite les problèmes sociaux dans ces quartiers de relégation.

ENSEMBLE REVENDIQUONS DE VRAIS EMPLOIS POUR LA JEUNESSE
POUR UN SERVICE PUBLIC D’EDUCATION DE QUALITE
IL NOUS FAUT
DES POSTES AUX CONCOURS AVEC DES PERSONNELS BIEN FORMES
PAS D’EMPLOIS PRECAIRES SANS PERSPECTIVE POUR LA JEUNESSE
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Photo Bourse du Travail : Art Grafix (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons