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PETITION EN LIGNE

CLAIR : danger pour l’éducation !

lundi 4 octobre 2010, par Olivier Champoussin

CLAIR : danger pour l’éducation !



Devant la médiatisation des cas de violences scolaires lors de l’année scolaire 2009-2010, le gouvernement a promis des actes. Ainsi M. Chatel a organisé en catastrophe des assises de la sécurité à l’école au cours du mois de mars pensant, par cette initiative brève et inorganisée, régler les problèmes que rencontre l’éducation nationale depuis des années.

Aveuglés par leur orgueil et leur mépris de l’école, nos dirigeants n’ont pas fait le lien entre la montée de l’insécurité dans l’ensemble de la société et la politique de casse du service public engagée depuis maintenant huit ans.

Les acteurs de l’éducation, présents sur le terrain : proviseurs de lycées, principaux de collèges, directrices et directeurs des écoles, enseignantes et enseignants, CPE, personnels administratifs et techniques constatent que la montée de l’insécurité à l’école coïncide avec la diminution du nombre d’adultes dans les établissements. Depuis 2002, les écoles, collèges et lycées ont été amputés de surveillants, de personnels techniques, d’enseignants sans aucune contrepartie. Ceci entraîne une dégradation des conditions de travail des élèves et donc un climat malsain au sein des classes, d’où les cas de violences.

Pourtant le gouvernement n’entend rien : 16500 postes d’enseignants seront supprimés cette année. Les assises de la sécurité à l’école, loin de faire le constat d’échec de la politique gouvernementale de ces dernières années et d’en limiter la casse, créent un dispositif qui va fragiliser la situation des enseignants et dégrader les conditions de travail des élèves.

Ce dispositif, nommé CLAIR (collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite), sous prétexte de s’atteler aux cas de violences à l’école produit en réalité une dégradation des relations au lycée. 105 établissements testeront ce dispositif en 2010-2011 avant qu’il ne soit généralisé à l’ensemble des établissements du second degré.

CLAIR permet aux proviseurs de recruter des enseignants sur des postes dit « à profils » sur des contrats de 3 à 5 ans. Ce recrutement ne garantit en rien que les enseignants recrutés aient justement le profil idéal pour occuper ces postes « spécifiques ». De plus ce dispositif développera le clientélisme : le proviseur recrutera qui il veut sans aucun compte à rendre. Enfin, et c’est le plus grave, le profilage concernera d’ici peu l’ensemble des enseignants qui n’auront ainsi plus la garantie d’être titulaire de leurs postes. On a promis aux professeurs la sécurité, on leur donne l’insécurité de l’emploi.

CLAIR permet également la création d’un préfet des études, sorte de CPE qui aura une autorité hiérarchique sur les enseignants, court-circuitant ainsi le lien pédagogique enseignants – CPE – direction, essentiel au suivi des élèves. Le gouvernement préfère le renforcement de la hiérarchie à la coopération entre membre de la communauté éducative.
Pour lutter contre l’insécurité à l’école, le dispositif CLAIR crée un policier référent aux établissements. Conformément à sa vision restrictive, le gouvernement supprime donc les moyens de l’éducation et impose ceux de la répression.

Parce que le seuil franchi nous inquiète, nous, personnels de l’éducation, souhaitons que le dispositif CLAIR disparaisse et que l’on dote nos établissements de réels moyens.
L’école doit rester une priorité.

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Photo Bourse du Travail : Art Grafix (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons