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CGT Educ’Action 69

Lycée pro, lycée techno, BTS : la casse de la voie professionnelle continue.

vendredi 20 mai 2011, par Salah M Barek

La réforme STI2D.

 

 Les plans de formation des collègues ont été actés et, comme prévu, ils sont en décalage complet avec les enjeux. Les cartes de formation ont été annoncées. Les textes relatifs à la réforme ont été repoussés dans toutes les réunions d’instances consultatives où ils ont été présentés. Les représentants des parents comme des industriels y ont fait part de leurs réserves, voire ont voté contre ou se sont abstenus. Les suppressions de postes ont débuté et les collègues ne connaissent toujours pas leur avenir.

 

 La réforme étant inéluctable, il faut désormais réfléchir à la voie technologique souhaitée et à des revendications plus immédiates, sur les contenus, les formations, les postes.

 

 Il faut aussi anticiper les conséquences de cette réforme. Par exemple, puisque les quatre spécialités seront abordées dans l’épreuve du tronc commun au bac, que se passera-t-il pour les élèves d’un établissement où n’exerce aucun enseignant de génie civil ? Plus globalement, quel est l’avenir des élèves que l’on retrouve actuellement en STI ? Quel est l’avenir de la SI ? Des BTS ?

 

 

De la STG à la STMG.

 

 Désormais nommée Sciences et Technologies du Management et de la Gestion, l’ancienne STG connaîtra une fusion en classe de première entre les spécialités communication et gestion. Derrière la volonté affichée de retarder le choix d’orientation de l’élève, c’est uniquement la mesure budgétaire d’économie qui prime. Cela aboutira logiquement à un contenu plus généraliste de la voie technologique et à en gommer sa spécificité.

 

 Pour un élève, la possibilité, en classe terminale STMG, d’un changement possible de spécialité au moment de l’inscription, ne présage-t-elle pas d’aller finalement, dans une prochaine étape, rapidement vers une fusion complète dans la voie technologique de ces deux spécialités, comme dans la voie pro ?

 

 C’est d’ailleurs la même remarque que nous pouvons faire sur la fusion à venir des deux spécialités du baccalauréat professionnel « métiers comptabilité » et « secrétariat ». Fusion qui est prévue, d’après les informations dont nous disposons, sur la totalité des trois ans de la formation.

 

 

Un BTS en CCF.

 

 L’évaluation en cours de formation n’est pas satisfaisante lorsqu’elle englobe une large majorité des épreuves, comme c’est le cas aujourd’hui pour le CAP, le BEP et le BAC PRO. Si le BTS se délivre lui aussi en CCF, quelle sera alors la valeur d’un diplôme délivré à des élèves, ceux de la voie pro, qui n’auront jamais eu à valider leurs acquisitions dans un cadre national ?

 

 Cela ne doit pas se faire par l’abaissement du niveau d’exigence lors de l’évaluation des candidats. Le BTS doit garder la valeur nationale qu’il a aujourd’hui. Il est nécessaire de maintenir une majorité d’épreuves nationales en fin de formation car l’obtention du diplôme avec des CCF établit un lien entre le type et le lieu de l’organisme de formation : public, privé, statut scolaire, alternance et créée un diplôme en fonction de "la réputation" de l’établissement.

 

 Bien sur, les logiques budgétaires orientent cette réforme : un examen en CCF c’est moins de travail administratif au rectorat, une charge de travail supplémentaire pour les collègues de BTS sans aucune compensation financière ; conséquence : des suppressions de postes.

 

 Si demain le BTS se délivre lui aussi en CCF, après le CAP, le BEP, le BAC PRO, quel sera après-demain le mode de certification du bac général ou du bac technologique ?

 

 

 

Pour la CGTéducaction, l’urgence c’est de créer les conditions de réussite de tous les élèves, notamment ceux de la voie professionnelle, souvent les plus en difficulté.


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Photo Bourse du Travail : Art Grafix (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons