CGT Educ'Action Lyon

Plan étudiant : mobilisons-nous !

jeudi 7 décembre 2017


Communiqué de l’interfédérale FERC-CGT, FNECFP-FO, FSU, SUD éducation, SUD étudiant-e-s, UNEF, UNL

Alors même que les personnels, étudiant•es et lycéen•nes prennent
connaissance du contenu du projet de réforme du premier cycle
universitaire et commencent à se mobiliser, le gouvernement fait le
choix du passage en force et de la précipitation. Un certain nombre de
mesures sont mises en place avant même l’adoption de la loi. Le plus
emblématique est la saisie du CSE sur des décrets avant même l’étude de
la loi par l’Assemblée Nationale.

Dans les universités les budgets proposés aux conseils
d’administration prévoient la gestion des demandes d’affectation, les
modules de mise à niveau, la définition des « attendus » et celle des
capacités d’accueil des filières. Dans les lycées la mise en place du•de
la 2e professeur•e principal et des nouvelles mesures d’orientations
sont mises en œuvre à marche forcée.

De toute évidence, cette précipitions va mettre en difficulté
immédiate les bachelier•es, leurs familles, les personnels des lycées et
des universités. Mais ce sont aussi les établissements et les
formations du supérieur qui seront en difficultés : comment définir le
nombre de dossiers acceptés au vu des capacités d’accueils en prévoyant
les désistements de candidat•es qui auront formulés dix vœux non
hiérarchisés ?

Ce ne sont pas les annonces budgétaires qui vont permettre une
amélioration de la situation, le budget est loin d’être à la hauteur des
ambitions affichées. Sur le milliard annoncé à destination de
l’Enseignement supérieur étalé sur cinq ans, 450 millions d’euros
étaient déjà budgétisés à travers le Grand plan d’investissement qui se
fera sous forme d’appels à projets privant de facto une partie des
universités de ce financement. Il ne reste que 500 millions d’euros sur 5
ans pour accueillir près de 3 millions d’étudiant•es d’ici 2025, ce qui
est largement insuffisant. Aucune garantie n’existe sur les
recrutements d’enseignant•es et de personnels techniques, administratifs
et de bibliothèques pour accueillir l’ensemble des étudiant•es
attendus, faire baisser les effectifs des cours en TD et en amphi,
améliorer les conditions de travail des personnels de universités très
dégradées ces dernières années.

Cette réforme remet en cause le principe de libre accès à
l’université qui garantit à chaque jeune titulaire du baccalauréat de
pouvoir continuer ses études. Sans oser le dire, le gouvernement met en
place une véritable logique de sélection dans tout l’accès aux études
supérieures. Nous tenons à rappeler que le nombre de PSY EN qui sont les
personnels qualifiés pour orienter les élèves est nettement insuffisant
et qu’en ce moment même c’est bien le gouvernement qui prend la
responsabilité de fermer des Centres d’Information et d’Orientation. En
prévoyant que le conseil de classe de terminale examine les vœux du•de
la lycéen•ne et participe à un avis formulé par le•la chef•fe
d’établissement, cela revient à faire des enseignant•es en lycée des
acteurs de la sélection.

Les fuites organisées dans la presse et les déclarations du ministère
de l’éducation sur une refonte du lycée font preuve d’une accablante
cohérence avec nos analyses du projet de réforme du premier cycle
post-bac et de la mise en place des « prérequis » ou « attendus ». Se
dessine une réduction des matières sujettes à un examen ponctuel, une
introduction très importante du contrôle continu, une modularité des
cursus des lycéen•nes et des examens de spécialité avancés dans l’année
pour permettre leur prise en compte dans les dossiers d’admission
post-bac. Ces annonces constituent manifestement la volonté de remettre
en cause le baccalauréat comme diplôme national reposant sur des
épreuves nationales, terminales et anonymes et comme premier grade
universitaire.

Nos organisations réaffirment :

  • la nécessité de travailler tout au long du
    parcours au lycée à une orientation choisie, cons-truite, accompagnée et
    évolutive avec les moyens humains et financiers nécessaires.
  • Le maintien du baccalauréat comme diplôme national et 1er grade
    universitaire, garantis-sant l’accès de tous les bachelier•es sur tout
    le territoire aux filières post bac et aux établis-sements de leur
    choix.
  • L’exigence d’ouverture massive de places supplémentaires
    en 1er cycle post bac et le refus de toute sélection à l’entrée à
    l’université.
  • Le refus de l’instauration de blocs de compétences en lieu et place des diplômes et des qualifications.
  • L’abandon du projet de loi sur 1er cycle post bac et du plan
    « étudiants » qui l’accompagne, condition pour permettre une réforme
    ambitieuse qui garantisse le libre accès de chacun•e au supérieur.


Nos organisations confirment leur volonté de construire dans la
durée la mobilisation nécessaire pour exiger le retrait des projets
gouvernementaux.

Elles invitent les personnels de Education nationale, de
l’Enseignement supérieur, les étudiant•es, lycéen•nes et parents
d’élèves à se réunir en assemblée générale pour définir les formes de
leur mobilisation.

Elles soutiennent les mobilisations qui
s’organiseront le 12 décembre, jour de présentation du projet de loi à
l’Assemblée Nationale. Elles appellent les personnels, les étudiant•es,
les lycéen•nes, en particulier de la région parisienne, à organiser les
délégations qui se rassembleront devant l’assemblée nationale à 12h.


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Photo Bourse du Travail : Art Grafix (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons