CGT Educ'Action Lyon

Rendre attractif le métier d’AESH ? Donner des perspectives d’avenir ? Chiche !

jeudi 10 janvier 2019

Jeudi 20 décembre, la CGT
Éduc’action a été reçue en audience bilatérale par le ministère dans le
cadre de la concertation nationale sur l’École inclusive qui doit se
terminer le 14 février 2019. Le ministère prétend vouloir “rendre
attractif le métier d’AESH, lui donner des perspectives d’avenir” mais
ne propose aucune mesure concrète pour y arriver. Au contraire.

Quant à la concertation, celle-ci n’est en fait que de l’affichage en ce qui concerne les AESH, il n’y a aucun dialogue social.

Pour la CGT
Éduc’action, l’urgence est de répondre aux revendications des personnels
AESH en terme d’évolution de leur statut, d’une réelle revalorisation
salariale, de formation et de conditions de travail.

Lors de l’audience du 21 décembre, la CGT
Éduc’action a appelé le ministère à mettre fin aux pratiques illégales
d’annualisation des services des AESH ainsi qu’aux nombreuses et
incohérentes disparités académiques sur la gestion de ce personnel.

Les AESH subissent aujourd’hui de plein fouet la précarité, des
salaires de misère et sont contraint·es pour la majorité à des temps
incomplets. Aux dernières élections professionnelles, la multiplication
des obstacles rencontrés lors du vote est révélatrice de cette
précarité, du mépris de l’institution pour ce personnel.

Au cours de cette audience, la CGT Éduc’action a rappelé ses exigences :

- La reconnaissance de ce métier indispensable par un statut de
fonctionnaire avec une titularisation des personnels exerçant
actuellement en CUI, CDD ou CDI.

- La nécessité que les AESH payé·es en moyenne 700€ voient leurs
compétences, leur profession reconnue par une vraie revalorisation
salariale portée à 1,4 fois le SMIC avec un réel déroulement de
carrière. Dans cette période où la question de la revalorisation
salariale apparaît incontournable il est inconcevable qu’aucune mesure
d’urgence ne soit prise. La suppression de l’indemnité compensatrice de
CSG à la rentrée 2018 est une injustice de plus, les salaires des AESH
doivent être immédiatement augmentés.

- Tous les personnels qui le souhaitent doivent bénéficier d’un temps
plein et d’un salaire à 100%, sans annualisation, ni modulation, ni
périscolaire. Le temps de service en côte à côte élèves doit prendre en
compte la pénibilité du métier et être réduit pour permettre des temps
de concertation-préparation-formation.

- Pour faire face à l’insuffisance d’accompagnement des élèves, les
recrutements doivent augmenter afin de couvrir tous les besoins et
permettre d’améliorer l’inclusion. Nous refusons la mutualisation à
outrance des moyens AESH faite au détriment de l’inclusion des élèves et
des conditions de travail des personnels.

- Ce métier difficile nécessite de nombreuses compétences, la
formation actuelle quasi inexistante renvoie les personnels à de
l’auto-formation. Les 60h actuelles prévues par les textes, non
appliquées, sont insuffisantes et inadaptées à la réalité du terrain. Un
réel plan de formation initiale est donc indispensable avant la prise
de poste tout comme l’accès à la formation continue. 

 

Pour le ministère la déprécarisation n’est pas à l’ordre du jour !

Les seules pistes évoquées par le ministère sont la multiplication
des employeurs, la déconcentration maximale et la mutualisation. Nous ne
pouvons l’accepter !

  • Au lieu d’augmenter les salaires et de prendre en compte la
    pénibilité de leur métier, sous prétexte de leur permettre d’aboutir à
    un salaire décent, il envisage d’augmenter le temps de travail des AESH
    et d’élargir leurs tâches déjà nombreuses au périscolaire et à
    l’extrascolaire. Leurs tâches déjà nombreuses seraient multipliées ainsi
    que leurs employeurs.
  • La généralisation de l’expérimentation des dispositifs PIAL (Pôles
    Inclusifs d’Accompagnement Localisés) qui ne pourra qu’accentuer les
    inégalités et la pression hiérarchique et aggraver les conditions de
    travail que subissent les AESH notamment en multipliant leurs
    affectations.
  • L’accentuation de la mutualisation des moyens pour gérer la pénurie
    d’AESH au détriment d’une réelle aide individuelle des élèves.

Loin de déprécariser et de faire avancer les droits des AESH, ces mesures accentueront cette précarité.

 

Le ministère n’a aucune intention de déprécariser les AESH. Les
AESH n’ont rien à attendre de cette concertation qui n’est que de
l’affichage et de la communication pour faire passer les mesures du
ministère (2nd employeur, PIAL, mutualisation) déjà décidées.

Une concertation qui n’en a que le nom.
Des objectifs "rendre attractif, donner des perspectives d’avenir" qui ne sont que des mots.
Aucune avancée pour les personnels ne sera gagnée sans notre mobilisation.

La CGT Éduc’action va
continuer de porter les revendications des AESH et entend mobiliser les
personnels pour faire avancer leurs droits, améliorer leurs salaires et
leurs conditions de travail.

Elle propose la tenue d’une intersyndicale afin de porter en
commun les revendications des AESH et d’aller vers une mobilisation dans
l’unité, organisations syndicales et collectifs locaux d’aesh.

Montreuil, le 21 décembre 2018

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Photo Bourse du Travail : Art Grafix (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0], via Wikimedia Commons